Quel impact a notre consommation de viande sur l'environnement ?

Connaissez-vous l’impact d’un steak de bœuf ? Saviez-vous qu’avant d’atterrir dans une assiette il aura pu causer des marées vertes, de la déforestation, une pollution de l’air importante, engendré de la maltraitance animale ou même causer notre résistance aux antibiotiques
Tout cela fait froid dans le dos et si cet article n’est pas « pro végétarien » on ne peut que vous conseiller d’adopter un mode alimentaire flexitarien végétarien ou même végan à l’avenir, voyons les causes.

La consommation de viande dans le monde et en France

Selon la FAO, malgré une légère baisse ces dernières années principalement causée par la pandémie, la consommation mondiale de viande reste très importante
C’est environ 333 millions de tonnes de viande pour la seule année 2020. Ce qui donne une consommation de 42kg/habitant, ceci implique tous les pays, des disparités viennent donc alléger la consommation par habitant. Les Français, eux, consomment 84kg/habitant en 2020.

Des morceaux de viande sur une ardoise

L'impact de notre consommation de viande sur la déforestation

Quel lien entre la déforestation et notre consommation de viande ? La cause principale est l’utilisation de soja qui est importé massivement d’Amérique du Sud essentiellement.
La France est d’ailleurs le 3ème importateur de soja brésilien, du soja OGM bien entendu.

Ce soja est utilisé pour nourrir les élevages industriels, volailles, bovins, porcs…
Cette viande est souvent à l’origine de problèmes sanitaires en plus de son fort impact environnemental.

La déforestation est aussi due à la culture d’huile de palme que ce soit dans l’alimentation ou les agro-carburants mais aussi du cacao, du café… Tout ceci n’est rien comparé à l’élevage.

Champs de plants de soja

Le soja provoquant cette déforestation est majoritairement destiné à la consommation animale.
 À ne pas se tromper, le soja consommé sous forme de lait de soja, lui, est surtout en provenance de France ou des pays limitrophes.
Selon All4trees, notre empreinte forêt (dispositif permettant de calculer notre impact sur la déforestation), pour un Français serait en moyenne de 352m² déforesté.
60% serait dû à une consommation indirect de soja (élevage). 

Pourquoi le soja engendre la déforestation ? Le soja est très convoité pour l’élevage animal, ce qui demande une extension de la surface agricole et donc passe par le fait de raser des forêts. La forêt associée à la déforestation est la forêt Amazonienne qui contient près de 40 000 espèces végétales et plusieurs milliers d’espèces animales, une vraie biodiversité en danger. On y trouve aussi des millions d’habitants et plus de 340 000 autochtones. C’est un immense puits de carbone

En 2006, un moratoire pour protéger cet écosystème fût adopté, or, le gouvernement brésilien actuel ne respecte pas cet accord. Pire encore, il met tout en oeuvre pour saboter les acquis permettant de protéger l’environnement au Brésil. La seule solution ici étant donc d’arrêter notre consommation de viande industrielle afin de freiner la tyrannie impactant fortement la forêt.

L’arrivée au pouvoir de ce président d’extrême droite Jair Bolsonero coïncide avec une grande augmentation des feux de forêts au Brésil. Tout ceci n’étant bien sûr pas accidentel mais criminel. En effet, depuis cette nouvelle présidence, la déforestation a augmenté de 75% depuis la décennie précédente.

Le Cerrado est une savane au brésil abritant près de 5% de la biodiversité mondiale. Il représente à lui seul une superficie égale et même légèrement supérieure à celle du Mexique ! Tandis que l’attention était concentrée sur l’Amazonie, le Cerrado est devenue la réserve de soja du mondela moitié de sa surface a été défrichée en grande partie pour l’exploitation du soja.

Le cerrado, la savane du Brésil
Le Cerrado, la savane du Brésil

La viande principalement industrielle est donc synonyme de déforestation qui est elle même synonyme de pollution car la perte de ces forêts est une des conséquences du réchauffement climatique. La solution ici est de ralentir la viande drastiquement et surtout si elle est consommée, cela doit être de la viande d’élevage traditionnel, local et nourri avec des céréales Françaises.

Notre consommation de viande engendre de la maltraitance animale et une agriculture très polluante

Connaissez-vous le simple nombre de poulets abattu chaque année dans le monde ? Selon l’association L214 qui dispose d’un article sur le sujet, environ 79 milliards de poulets seraient éliminés pour notre consommation
En moyenne, on estime 183 animaux « tués » par an/habitant. Ces chiffres sont énormes. À t’on besoin de créer autant de vie et de les abattre aussi vite ?

Les élevages intensifs sont ceux résultant de nos achats de viande industrielle : poules élevées en batterie les unes sur les autres, bovins maltraités, poussins broyés jusqu’à encore ce début d’année 2022… Les obscénités ne manquent pas ! Beaucoup de pétitions sont en cours pour sauver la condition animale : change.org, L214, mesopinions.com et bien d’autres.

Un agriculteur dans un champs de légumes
Une agriculture bio et mondiale est possible

75% des terres agricoles sont destinés à l’élevage répartie entre pâturage et nourriture pour le bétail. Si elles étaient remplacées pour nourrir directement les humains on pourrait nourrir 3,5 milliards de personnes supplémentaires. De plus, selon une étude datant de 2017 dans la revue Nature : malgré la plus forte demande en terre de l’agriculture bio face à l’agriculture conventionnelle, si l’on convertissait des terres destinées au bétail, que l’on rationnait mieux et différemment ces animaux et que l’on arrivait à éliminer le gaspillage alimentaire, on pourrait avoir une alimentation biologique pour 9 milliards d’humains.

Il faudrait en priorité avoir une alimentation plus végétale pour réussir cela. Ceci est une utopie pourtant bien réelle et éliminerait la pollution des sols, de l’air et de la déforestation efficacement.

L'impact de notre consommation sur la pollution de l'air

L’élevage en France représente une grande part des émissions de gaz à effet de serre : 9% des émissions totales sont dues à l’élevage bovin. C’est plus que la pollution émise par les poids lourds au diesel de France ou encore plus que la production électrique française. Tout cela sur l’année 2020.

Comment se décompose t-il ? Ces trois gaz à effets de serre sont les responsables principaux de l’impact de l’élevage sur le réchauffement climatique :

  •  Le CO2, dioxyde de carbone, il est émis en majorité par la déforestation et les énergies fossiles utilisées pour la manutention.

  • Le N20, protoxyde d’azote, issu des engrais utilisés pour la culture dans le but de nourrir les animaux d’élevage ou de la transformation du fumier et des résidus de récolte.

  • Le CH4, méthane, qui représente 50% des émissions des élevages, en majorité dû à la fermentation entérique des ruminants (leur digestion). Le méthane étant un gaz environ 25x plus émetteur que le dioxyde de carbone, en revanche, il reste bien moins longtemps dans l’atmosphère.

La pollution de l'air et les particules fines

Comment ? Particules fines ? N’est-ce pas là un terme que l’on utilise plutôt pour les véhicules thermiques et électriques ? Eh bien pas forcément, l’élevage aussi en est responsable.

Des mesures réalisées encore une fois en Bretagne (décidément) dans des bâtiments d’élevage affirment que 90% des particules fines présentes seraient très petites et donc vraiment nocives pour l’appareil respiratoire humain.

Au moment des soins des porcelets en maternité, c’est plus de 250 000 particules fines qui seraient en suspension dans le bâtiment. Un danger important pour les éleveurs.
En agriculture, les particules fines peuvent être générées en plus de l’utilisation de tracteurs par la poussière, le labour des champs mais aussi par l’ammoniac

L’ammoniac présent dans le fumier, l’engrais naturel ou encore l’engrais synthétique à base d’urée, peut alors passer de gaz à particules fines, l’ammoniac étant un élément central du cocktail des particules fines → Oxyde d’azote + souffre + ammoniac.
De plus nous ne parlons pas de n’importe quelle particule fines, mais le plus souvent des particules PM 2.5 très dangereuses pour la santé.

L'impact de notre consommation de viande : consommation et pollution des eaux

Les marées vertes

Les marées vertes ou algues vertes résultent de l’utilisation d’engrais pour fertiliser les cultures et se retrouvent ainsi dans les déjections animales. Ces nitrates contiennent de l’azote qui finit dans l’océan à l’arrivée des pluies.

Cette eau de pluie étant d’une densité inférieure à celle de l’océan ne se mélange donc pas et bloque l’apport en oxygène. Les nutriments contenus dans ces eaux participent alors à la prolifération d’algues qui vont consommer de l’oxygène lors de leur décomposition.

Ces dernières viennent se stocker massivement et entrainent alors l’apparition des marées vertes aux abords des littoraux → Principalement en Normandie, Vendée et surtout en Bretagne. On appelle ce phénomène l’eutrophisation de l’eau.

L’eutrophisation entraine fatalement des zones hypoxiques (dépourvu d’oxygène), la faune et la flore aquatique s’en retrouve fortement impactée.

En Bretagne, la forte industrialisation des élevages crée des zones de plus en plus étendus et peuplés de bétail. Ce qui a pour conséquence de faire des eaux de la Bretagne les plus polluées de France en azote. En 1960, le taux de nitrate de ces eaux était de 5mg/litre, aujourd’hui c’est environ 33mg/litre. On y voit donc clairement une preuve de l‘impact des élevages et donc de la viande sur un environnement aquatique cette fois ci. Ici, l’état laisse faire au profit du rendement et au détriment de l’environnement.

Les algues vertes, cyanobactéries en bretagne
Les algues vertes en bretagne sont très présentes

Ces algues sont toxiques pour la biodiversité mais aussi pour les humains selon leur accumulation et la durée de leur présence. Elles dégagent du sulfure d’hydrogène qui peut avoir des effets mineurs mais aussi dans certains cas entrainer un arrêt cardiaque ou des atteintes neurologiques selon la fragilité des personnes ou la concentration de ce gaz.

La consommation d'eau pour 1kg de viande

On dit à tort que 1kg de bœuf équivaut à 15 000 litres d’eau, ce calcul est faux car il prend en compte toutes les eaux :

  • L’eau bleue : l’eau douce consommable par les humains
  • L’eau grise : les eaux « usées » surtout pour l’évacuation des excréments
  • L’eau verte : l’eau de pluie pour les pâturages ou champs.

Les eaux devant être prises en compte devraient être les eaux bleues et vertes, même si les champs ne sont pas arrosés uniquement d’eau verte, voyons cela au plus bas possible avec l’étude du site viande.info
Le calcul a été réalisé avec l’utilisation de l’eau verte et l’eau bleue pour 1kg de protéine. Pour le bœuf c’est 7300l d’eau ou en moyenne 7900l d’eau pour la viande en général.

Tout ceci sans prendre en compte l’eau de pluie ! Pour les protéines végétales, légumineuses et céréales, c’est en moyenne 4650l d’eau par kilo de protéine.
Pas super glorieux mais presque deux fois moins que la viande, les protéines végétales l’emportent sur la consommation d’eau. En sachant que certaines de ses protéines végétales sont mangées par les animaux d’élevage et qu’une portion pourrait nourrir l’homme à la place.

 

L'acidification des sols et des eaux

Les émissions d’ammoniac en France sont à 94% en provenance de l’agriculture dont 66% par l’élevage à cause des déjections animales. Cela a pour effet de causer une acidification.

L’acidification
se produit sur beaucoup d’éléments : végétaux, océans, animaux, infrastructures et sols (minéraux).
Cette acidification qui vient des élevages est prouvée une fois de plus par la Bretagne : elle est la 1ère nationale dans les émissions d’ammoniac, une fois de plus corrélé avec de grands élevages industriels.

Quelles sont les conséquences ?

 

Une forêt qui a subit les plus acides et donc l'acidification des sols
L'acidification des sols en forêt

En forêt par exemple, l’acidification dû aux pluies acides vient rendre les sols et la flore acide et finalement entraîne la perdition des arbres, notamment des conifères.
Les lacs et les rivières deviennent toxiques et cela cause ainsi un déséquilibre de l’écosystème (les animaux qui viennent s’abreuver, la faune marine ou encore les arbres qui bordent ces rivières).
Ces retombées acides ont donc un impact indirect parfois très important.

Ralentir la viande ralentit notre impact sur l'environnement

La viande est à l’origine de beaucoup de sources de pollution : océans, forêts, pollution de l’air… Une alimentation dangereuse pour l’environnement, la biodiversité et même l’être humain. En plus des effets mortels indirects sur la santé, il a été prouvé que la viande est cancérogène, principalement la viande rouge dès lors qu’elle est consommée régulièrement.

Beaucoup d’alternatives à la viande existent : Légumineuses, seitan, tofu, tempeh. Des alternatives riches en protéines et pouvant remplacer la viande à merveille. Tout comme chaque alimentation, il ne suffit pas de tout miser sur un aliment, le soja par exemple à haute fréquence peut amener aussi des problèmes de santé. 

Il n’y a pas d’alimentation parfaite à prescrire, mais on sait que la viande est mauvaise pour la santé et cause des problèmes environnementaux forts, alors pourquoi ne pas ralentir un peu la viande ? Adopter un régime flexitarien ou même végétarien comme 5% de la population mondiale. Même plus, selon le PNAS (revue scientifique américaine) 8 millions de vies pourraient être sauvées d’ici à 2050 si le monde entier devenait végan. Ça donne à réfléchir.

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Vertpose
Vertpose
Invité
10 heures

L’article est très intéressant et bien écrit. A part certains chiffres le reste me parle étant donné que je suis naturopathe et vegan. J’ai beaucoup aimé le lien vers le calcul d’empreinte fôret, mon résultat est de 29m2, je suis plutôt contente de mon résultat quand je vois la moyenne…