La voiture électrique aujourd'hui, pollution ou transport écologique ?

En France, la voiture électrique au premier semestre 2022 a représenté 12% des ventes totales de véhicule. Les ventes ont fait un bond de +30% par rapport à la même période en 2021. L’État octroie des bonus écologiques et développe le marché de l’électrique pour obtenir un « véhicule propre ». Mais est-ce vraiment à but écologique ? Qu’en est-il de la pollution générée par les composants, la consommation ou encore le recyclage

Pourquoi la voiture électrique n'est pas la solution à la pollution ?

Les véhicules électriques ont leur propre source de pollution. En effet, la conception, le carburant et la durée de vie diffèrent grandement des véhicules thermiques. On peut même leur attribuer des défauts partagés avec leur homologue thermiques. La pollution engendrée par ces véhicules n’est pas toujours là où on l’attend. Découvrons les grandes sources de son impact environnemental.

La pollution provenant de l'énergie utilisée

On critique souvent une voiture électrique pour la conception de sa batterie qui est polluante. Mais on ne pense pas assez à l’énergie utilisée, l’électricité.
Le pétrole est indéniablement une catastrophe écologique, tant par son extraction que par sa combustion. Or, on ne peut pas dire que la voiture électrique utilise une énergie propre
En France, notre consommation d’électricité en 2021 était issue à 20% des énergies renouvelables et 70% en provenance du nucléaire. À tel point que la voiture électrique française pourrait se nommer voiture nucléaire.

Des exemples d'energies renouvelables panneaux solaire eoliennes

Comme vous pouvez le constater sur notre article qui analyse la pertinence de l’énergie éolienne, une énergie dites « verte » n’est pas toujours écologique
Toutes les énergies « renouvelables » ont une part de pollution principalement dans l’énergie grise. La pollution émanent du cycle de vie d’un produit, sa conception et son installation pouvant détruire des écosystèmes dans certains cas ou encore le recyclage des matières (panneaux solaires, pales d’éoliennes…).

 

Une centrale nucléaire

L’énergie nucléaire n’est pas en reste, si elle est considérée comme une des énergies les moins polluantes côté rejet de CO2, les déchets nucléaires enfouies eux, peuvent être très radioactifs pour les plus dangereux et, ce, pendant des centaines d’années. La solution de stockage en profondeur par le projet Cigeo n’est pas une solution durable non plus et traduit un avenir incertain pour les générations futures.

C’est sans compter l’énergie grise à la production du nucléaire : extraction d’uranium, transformation, transport… Nous avons de la chance en France parce que nous avons quasiment abandonné l’énergie thermique à partir de combustion de charbon, gaz ou encore de fioul. 
Cependant, l’énergie nucléaire étant en arrêt provisoire pour 12 centrales pour cause de corrosion cet été 2022 menace de relancer la centrale à charbon de Saint-Avold selon La Tribune.

La France disposant pourtant d’une production d’électricité conséquente, le fait de mettre presque « tous ces œufs dans le même panier » (énergie nucléaire) elle se voit contrainte d’
acheter l’électricité Européenne ou encore réactiver de vieilles centrales à charbon très polluantes.
Ce fait vient en contradiction avec les projets du gouvernement prévoyant de passer les bornes de recharge électrique de 58 000 à 100 000 bornes en France déjà en retard.

Ce nombre prévoit d’être étendue jusqu’à 600 000 bornes en 2030. Est-il pertinent actuellement d’augmenter les bornes de recharges et la vente de voiture électriques lorsque le pays risque de se retrouver en restriction d’électricité et que la pollution engendrée par la production électrique reste importante ?

La pollution provenant de la batterie

La surconsommation d'électricité en hiver

En hiver, la voiture électrique perd des points face aux modèles thermiques. Si en été, la voiture thermique consomme plus de carburant en activant la climatisation (la voiture électrique aussi, mais c’est moins significatif) en hiver, le chauffage du radiateur et du circuit de refroidissement réchauffe l’habitacle sans consommation supplémentaire moteur allumé.

La voiture électrique, quant à elle, puise dans sa propre énergie pour réchauffer l’intérieur parfois entre 10 et 50% selon l’intensité du froid et du modèle de voiture.
En plus de cela, le froid provoque une chute de tension de la batterie de plus en plus élevée à basse température. Certaines technologies limitent ces pertes de performance, encore faudrait il que la voiture en question en soi équipée.

Perte d’autonomie veut également dire plus de passage à la borne de recharge. Quand en hiver nous avons le plus besoin d’électricité, les voitures électriques en demande jusqu’à 50% plus qu’en temps normal. Une consommation d’électricité plus grande et donc une pollution plus importante en découle.

Le vieillissement de la batterie : les causes

Les batteries au lithium ont une durée de vie assez élevée selon les constructeurs mais cela reste une information discutable pour plusieurs causes de vieillissement prématuré.

  • La charge rapide qui entraine la détérioration accélérée de la batterie : lors d’une charge rapide, l’intensité du courant est très élevé ce qui cause l’augmentation de la température de la batterie et donc sa détérioration si utilisée trop souvent. Le principal inconvénient d’un véhicule électrique étant le besoin de recharge qui demande plusieurs heures selon les modèles. La charge rapide (30 minutes en moyenne) est fortement apprécié au détriment de la santé des batteries.
Batterie d'une voiture electrique
  • Le vieillissement calendaire, c’est à dire la consommation du véhicule au repos, étant affecté par les conditions extérieures. Une utilisation régulière même pour de cours trajets est donc recommandé pour ne pas dépenser de l’électricité au repos, évidemment ceci va à l’encontre d’une démarche écologique.

  • La climatisation et le chauffage lors des températures extrêmes vieillit aussi la batterie.

  • La gestion de la batterie du véhicule : La batterie tout comme les appareils électriques classiques (téléphone, pc portable…) devrait toujours voir son niveau de charge osciller entre 20% et 80%. Il faudrait organiser la charge du véhicule en heure creuse.

    D’autres facteurs peuvent entrer en compte comme le style de conduite ou la recharge à chaud, autant de causes qui viennent démontrer que les estimations de durée de vie peuvent être fausse, il faudrait vendre un véhicule électrique avec une micro formation pour sa bonne utilisation… 

    La batterie d’un véhicule étant tellement onéreuse, en moyenne 10 000 euros, que les utilisateurs vont bien souvent faire le choix d’un nouveau véhicule si leur batterie venait à être inutilisable. Ceci entraîne fatalement une surconsommation.

Un sujet controversé plus tard : Les terres rares ou "métaux rares"

Bassin de saumure pour l'extraction de lithium
Bassin de saumure pour l'extraction de lithium

La voiture électrique contient plusieurs composants plus ou moins polluant selon leur extraction.
L’anode (électrode négative) composée essentiellement de graphite et la cathode (électrode positive) quant à elle peut être composée de lithium, nickel, cobalt, manganèse, fer, phosphate selon le modèle.
Certains matériaux sont très polluants à cause de leur extraction minière mais ils provoquent aussi des effets négatifs sur la condition humaine.

Parmi eux, on retrouve le cobalt, qui se trouve dans des mines, principalement en république démocratique du Congo à 60%. Malgré une intension de réduire l’utilisation de ce métal, il est encore largement utilisé dans les batteries, dont celle des voitures électriques.

Son impact ?
 Une éthique épouvantable. Ces mines, détenues en grande partie par la Chine, exploitent des enfants dès leur plus jeune âge et même les plus grandes mines industrielles ne garantissent pas de sécurité pour les mineurs.
Ils travaillent dans des conditions dangereuses → Risque de maladies pulmonaires, dermatites de contact (pas de gants), risque d’effondrement des galeries, des travailleurs sous-payés, une ambiance esclavagiste. On retrouve des conditions similaires à l’industrie du textile dans la fast fashion.

Le côté environnemental est déplorable également, l’extraction de cobalt nécessite selon son emplacement, de méthode d’extraction très polluante nécessitant des énergies fossiles, des produits chimiques, de l’électricité ou même du dynamitage. 
Une étude du cycle de vie complet du cobalt existe. 

Ingrédient principal de la voiture électrique : Le lithium.
Une extraction polluante 
aussi, originaire principalement du triangle du lithium pour les saumures (Chili, Argentine, Bolivie) d’Australie pour les gisements, mais aussi de Chine. Ce métal va subir une croissance immense dans les prochaines années (déjà +400% en 2021).
Son impact ?  Le lithium est issu majoritairement des saumures appelées Salars en Amérique du Sud et des minerais.

voiture électrique avec batterie polluante

Le lithium est récupéré à base de saumure, énergivore en eau, mais une eau impropre à la consommation car extrêmement salée. En revanche, il y a un risque de contamination de l’eau douce pour les eaux à proximité et les eaux souterraines. Certaines régions du monde peuvent alors se retrouver polluées alors qu’elles subissent déjà des pressions hydriques importante comme dans le désert d’Atacama.

Les saumures provoquent irrémédiablement une détérioration des écosystèmes où ils sont installés. C’est un problème qu’on retrouve partout dans le monde, des écosystèmes ou des villages directement menacés par l’extraction de métaux comme le lithium.

La découverte d’un grand gisement sous l’Everest récemment inquiète. La Chine, plus grand consommateur de lithium, ne fera surement pas le choix de la préservation et l’installation d’une mine viendra assurément endommager à nouveau un site naturel.

Une production de Lithium en France, c’est possible, nous en disposons, le sénat s’est prononcé favorable à l’ouverture de mines. Dans plusieurs zones, comme dans le Finistère ou le massif des Vosges. Au moins, c’est local… Oui, mais comme nous l’avons vu, cela peut créer des problèmes de pollutions des eaux ou des dégradations de sites naturels. Seuls avantages, la pollution liée aux transports diminuée mais encore une éthique et une réglementation plus stricte que d’autres pays.

Les autres matériaux ont tous leur part de pollution, le Nickel en Indonésie détruit la biodiversité, pollue les eaux, pose des problèmes dans l’alimentation avec la fuite des poissons des îles Obis. Les même genre de problème se posent pour le Manganèse

Même si le pétrole est ravageur pour la planète, les batteries contiennent trop de métaux polluant pour l’environnement ou dangereux pour la santé, eux aussi. C’est encore impossible de parler de transition écologique associé à la voiture électrique.

Le recyclage de la batterie, une pollution évitée ?

Recharge d'une voiture électrique à une borne

Une batterie doit être réutilisée ou recyclée dès lors qu’elle réduit sa capacité totale entre 70% et 80%. Selon les modèles ou si elle est endommagée. Elle est réutilisée la plupart du temps pour du stockage d’énergie « renouvelable » par exemple. La fin de vie d’une batterie peut être atteinte en moyenne en 10 ans à cause des différentes agressions au cours de sa vie (température, charge rapide)

La vente de voitures thermiques sera officiellement arrêtée en 2035 en France. Il est estimé que la voiture électrique passera de 0.7% de la flotte mondiale à 31% en 2050 soit 627 millions de véhicules. Le premier problème qui se pose est la capacité de recyclage, tous les matériaux polluants utilisés pour les batteries des voitures électriques peuvent être recyclés aux alentours de 70% et jusqu’à plus de 90% selon les constructeurs. 

50% est le minimum obligatoire imposé par l’Europe pour le moment, tout ceci est très positif, malgré que le recyclage lui-même a sa part de pollution dans ce procédé pas toujours propre et consommant beaucoup d’énergie. Bien sûr, toujours moins que l’extraction des métaux à l’autre bout du monde qui cause des dégâts sur la nature.

Un nouveau problème se pose avec une telle augmentation de la flotte de voiture électrique. Des usines de recyclage se construisent mais, il faudra suivre la cadence dans les prochaines années afin d’être en mesure de recycler ou réutiliser les millions de batteries hors d’usage.

Le recyclage est aussi compliqué lorsqu’un accident a lieu sur une voiture électrique. En effet, sa composition rend son démontage dangereux et délicat. Selon un récent article, les feux de batteries seraient très nocifs et difficiles à éteindre même des semaines après.             
Il faudrait plonger les batteries dans un bassin ou arroser de milliers de litres d’eau dans certains cas. La faute a un dysfonctionnement qui ferait s’emballer les cellules de la batterie.

Une solution : Le taux de recyclage serait meilleur si les voitures et batterie ne recherchait pas une autonomie similaire aux véhicules thermiques. Plus l’autonomie est grande plus la batterie est lourde, ce qui cause donc un besoin de matériaux plus grand et une consommation plus importante, la pollution est donc augmentée pour un luxe négligeable.

La voiture électrique émet aussi des particules fines

La voiture électrique n’est pas blanchie non plus en ce qui concerne les particules fines. 
D’où proviennent ces particules fines ? Petit comparatif avec le véhicule thermique.

Voiture thermique

  • Les véhicules thermiques neufs actuels n’émettent presque plus de particules fines à l’échappement.

  • Le freinage représente 25% de son rejet de particule.

  • Le frottement des pneus sur l’asphalte représente lui 47% de son rejet de particule.

  • Les particules remises en suspensions comptent elle pour 28% du rejet total.

Voiture électrique

  • Le véhicule électrique lui n’en émet pas du tout sur l’échappement.

  • Le freinage représente seulement 3% de son rejet de particule fine en outre grâce au freinage régénératif qui en plus régénère la batterie.

  • Les voitures électriques les plus lourdes à cause d’une volonté d’autonomie supplémentaire, accusent d’un poids plus important et donc d’une largeur de pneu supérieur, le rejet de particule dû au pneu représente alors 61%.

  • Ici c’est 36% du total pour la remise en suspension.

Le rejet de particule dû au frottement des pneus est la deuxième source de pollution des océans après le lavage des vêtements.

Selon l’Ademe, un véhicule électrique à grande autonomie (plus lourd) rejetterait presque autant de particule fine qu’un véhicule thermique neuf. En revanche, le véhicule électrique ne rejette pas de dioxyde d’azote et autres gaz nocifs.

Que penser finalement de la voiture électrique contre la pollution ?

La voiture électrique a de nombreux défauts dans son cycle de vie, beaucoup d’éléments peuvent néanmoins s’améliorer et des innovations sont en cours. Il n’en reste pas moins que régler un problème par un autre même s’il est inférieur sur plusieurs point n’est pas une solution et la voiture électrique n’est définitivement pas écologique. Le transport individuel en lui-même n’est pas un choix écologique dès lors qu’il dispose d’un moteur (thermique, électrique, hydrogène…)

La vraie solution réside dans le transport collectif ou non motorisé : bus, train, vélo ou marche resteront les alternatives écologiques de demain. La voiture électrique sera quasiment imposée dans les prochaines années, or, ce n’est pas probablement pas à but écologique mais déjà par manque (le pétrole venant à manquer petit à petit). De plus, une flotte unique de voiture électrique poserait beaucoup des problèmes techniques et financiers :

Vélo dans un champs
La véritable alternative écologique à la voiture thermique 🙂
  • Pas assez d’électricité dans le réseau selon les périodes ou si des problèmes surviennent en exemple les 70% d’énergie nucléaire pour la France. Même si l’énergie « renouvelable » est prévu de passer à 40% pour 2030, on est loin de résoudre un éventuel manque si le nucléaire pose problème. Il faut diversifier et répartir correctement la part des énergies « vertes ».

  • Trop cher, la voiture électrique est bien trop cher pour la plupart des ménages, vouloir l’astreindre passé 2035 est impossible pour les plus modestes. Un véhicule électrique, bonus compris se situe en moyenne basse à 15-20 000 euros pour un petit modèle.
    De plus, rien ne nous dit que le bonus écologique restera encore longtemps ou que les véhicules ne seront pas taxés.

  • Pour finir, dans l’optique où chaque ménage disposait d’une voiture électrique, les bornes de recharges sur une charge normale ne serait pas suffisante. Il faudrait payer l’installation d’une borne électrique chez soi pour tout le monde et en avoir la possibilité d’emplacementComme vu précédemment, le recyclage des batteries de plusieurs millions de véhicules sera difficile à gérer.

Ceci n’est pas un article avec pour parti pris la voiture thermique. Il est plutôt rédigé pour faire prendre conscience que oui, la voiture électrique est plus intéressante « écologiquement » que la voiture thermique sur plusieurs points mais qu’elle n’est aucun cas la solution et absolument pas écologique.

Le transport sera toujours présent dans nos sociétés mais nous devons repenser la manière de le concevoir, développer le transport en commun propre et arrêter de déplacer le problème en prônant la transition écologique lorsque celle ci provoque tant de problèmes environnementaux et humains.

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